NATURE

La NATURE                                                                 revu en 2025 

« Promenade » dans l’idée de nature … Quelques idées à illustrer, à développer, à critiquer… Quelques connaissances à maîtriser.

Plan.

1. Quelle conduite l’être humain a-t-il à adopter face à la nature ?

2. La nature peut-elle servir de modèle ?

3. La connaissance du vivant : la BIOLOGIE

(Sujets de bac à la fin du cours).

Introduction 

« La nature est le nom que les hommes ont donné au milieu dans lequel ils sont placés. Ce milieu est un ensemble d’êtres et de choses qui ne dépendent pas de lui et dont la cohérence propre constitue la première expérience » R. Lenoble,  Histoire de l’idée de nature.

Alors que notre civilisation tend à se distinguer, se séparer de la nature, (Nature-Culture) les sociétés dites « primitives » ou « peuples premiers » se considèrent comme faisant partie de la nature.

Définition 

Le terme de nature vient de naturus, participe futur du verbe latin nascor  « naître » = qui va naître ou qui s’auto-engendre à l’infini dans le futur ou naît de lui-même.

Complexité de l’idée de nature : la notion de Nature est polysémique (plusieurs sens). 

1er sens, philosophique, le terme de nature est équivalent à celui d’essence. Il concerne les caractères, les propriétés qui définissent un être ou une chose. Par exemple la nature de l’être humain c’est ce qu’il est, ce qui le définit = son essence.

2e sens très général, la nature c’est l’univers entier – du microcosme au macrocosme – tout ce qui nous précède et nous entoure et qui n’a pas été créé par l’être humain ; le minéral, le végétal, l’animal. Les philosophes anciens pensaient la nature comme composée de 4 éléments : Le feu, la terre, l’air et l’eau.

3e sens populaire, la verdure, les jardins, les forêts, la campagne, « se mettre au vert » s’oppose à urbanisation.

4e sens familier, être « nature » ou naturel = authentique.

1. Quelle conduite l’être humain a-t-il à adopter face à la nature ? Quelles peuvent être nos relations à la nature ?

Dans le désordre… Les mythes, les religions, les philosophies, les sciences en proposent des conceptions différentes, voire opposées : la comprendre, la diviniser, l’admirer, la respecter, la protéger, s’en effrayer, la dominer, l’explorer, la cultiver, la manipuler, la penser, l’écouter, la copier, la suivre, s’y plonger, se soigner avec elle, la domestiquer, l’exploiter, la polluer, la saccager, s’en effrayer, s’en dégager, la dépasser puis à nouveau la respecter et la re-déifier « Gaïa »… ?

    « Promenade » dans les diverses approches de la nature : à chacun de compléter ce tableau.

NATURE
La comprendre ?La science.La nature est-elle un livre écrit en langage mathématique ?Notre raison logique est-elle un outil adéquat pour comprendre l’univers ?  Si notre cerveau est fabriqué par une petite partie de notre ADN, comment pourrait-il comprendre la mystérieuse intelligence de la nature ?
1. Voir plus loin le cours sur le vivant dans le cours : la Nature 2. Voir le cours sur la cosmologie. règne minéral         Aujourd’hui (2025) les cosmologues affirment ne comprendre qu’à peine             4% de l’univers ! Le nouveau télescope James web


La Diviniser
La mythologieLes mythes : diviniser la nature.Les différents éléments et les forces de la nature sont divinisés. Dans la mythologie grecque, les rivières, la végétation, les arbres, les montagnes, les volcans, le soleil sont de divinités. Le dieu de la mer est Neptune, celui du ciel Ouranos, celle de la terre la déesse Gaïa, le temps c’est Chronos, le tonnerre Jupiter, l’amour Vénus …  On agit sur ces forces en offrant des sacrifices aux dieux.


  L’admirer
Sa beauté 
Pascal. « Quelle vanité que la peinture qui attire l’admiration par la ressemblance des choses, dont on n’admire point les originaux ! » Pensées, 40-134, 
Kant. « Deux choses remplissent le cœur d’une admiration et d’une vénération toujours nouvelles et toujours croissantes, à mesure que la réflexion s’y attache et s’y implique : le ciel étoilé au-dessus de moi et la loi morale en moi. »
Pour Kant, un organisme vivant ne peut en aucun cas se comparer à une machine. Un chat vivant et une horloge ne fonctionnent pas de la même manière. Le chat respire, se reproduit, s’auto-répare (guérit, cicatrise),  Les êtres vivants sont organisés selon une finalité qui ne peut que susciter notre admiration. « Un être organisé n’est pas simplement une machine, car la machine possède uniquement une force motrice ; mais l’être organisé possède en soi une force formatrice » Kant 


la Respecterla protéger
* Les peuples premiers. La « Terre-Mère » des Amérindiens.Cf. le film  La forêt d’émeraude.
* Antispécisme. Droit des animaux.
* Les antispécistes défendent la « libération de l’animal« , ils s’opposent à toute forme d’élevage et de détention d’animaux dans les zoos ou même dans la sphère domestique. « Tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce ». Article L214 du code rural 

s’en effrayer
Silence, infini, mystère, solitude : s’angoisser, Pascal.  « Le silence éternel des espaces infinis m’effraie » Fragment Misère, 17 / 24
* Puissance, violence de la nature : typhons, ouragans, volcans, tsunamis, tremblements de terre l dévoration des proies par les prédateurs, les monstres, les anomalies, la maladie, la mort

La dominer
* La religion : dominer la nature. La conception religieuse occidentale est sous-tendue par le judéo-christianisme. La Bible Genèse 1, 3 décrit la nature comme une création de Dieu. Par sa parole, le Verbe, Dieu fait exister dans un ordre précis…  Il n’y a pas de scission entre la nature et l’être humain. Il est un être de la Nature auquel est attribué un statut particulier : celui de la garder et de la dominer.   Mais dés le commencement, à cause d’une transgression de l’ordre divin, l’être humain est comme déchu de son essence originelle et condamné à l’exil. C’est à partir de là que l’humanité commence à se distinguer de la création divine c’est à dire de la nature. Nu, il se vêt, de cueilleur il devient laboureur et la civilisation commence. 
* Descartes : Projet de devenir  « comme maître et possesseur de la nature« .
* La technique – voir le cours sur la Technique.
l’explorerL’aérospatiale, l’ISS Station Spatiale Internationale, satellites…), le nouveau télescope « James web »  
la conquérirColoniser la Lune ou Mars…  

la manipuler
La magie.Le shaman (ou le sorcier) croit qu’il existe dans la nature des forces invisibles, le « MANA » ou les « esprits ». Ces forces, circulent à travers la nature et agissent sur la nature, elles sont manipulables à l’aide de rites personnels, transmis secrètement, par initiation, par un autre shaman dans le but de maîtriser ces forces. Shaman canalise, utilise, domine ces forces dans le but d’en obtenir du pouvoir, soit pour faire le bien : « magie blanche« , soit pour faire le mal : « magie noire« . Le Shaman utilise la pensée symbolique.Il pense et peut agir sur la nature ou les êtres en manipulant des symboles. La pensée magique se fonde sur l’idée que l’énergie ou les forces, circulent en empruntant des circuits analogiques (des réseaux de ressemblances). Par exemple le cheveu d’un individu est un moyen pour se relier à son possesseur. L’action circule ou se propage, par « résonance » ou « sympathie ». 

la penser
La philosophie. La nature est un terme souvent équivoque en philosophie. 
* L’épicurisme propose de ne satisfaire que les désirs naturels-nécessaires…1. Seuls les « désirs naturels et nécessaires » doivent être satisfaits : boire de l’eau, manger du  pain et des fruits, cultiver l’amitié et les plaisirs de l’intelligence. Cette conception du bonheur est très ascétique ! 2. Pour les désirs « naturels non nécessaires » parmi lesquels l’amour, il faut savoir en calculer les effets et savoir y renoncer s’ils risquent d’apporter des désagréments. 3. Les désirs « non naturels » et « non nécessaires » : l’ambition politique par exemple, ou le fait de boire un vin précieux dans une coupe en or, il faut les éliminer. 
* Le stoïcisme exige de vivre en « conformité avec la nature » mais là il s’agit de notre nature humaine c’est à dire notre raison. Il ne s’agit pas du tout d’obéir à nos instincts comme les animaux, mais de vivre en obéissant parfaitement à notre raison qui exige d’être vertueux, de supporter tout ce qui nous arrive.)
* Spinoza propose deux perspectives sur la nature la « nature naturante » et la « nature naturée »La « nature naturante unique, infinie, éternelle et libre qu’on peut appeler Dieu » Spinoza. Plus simplement, on pourrait la définir aujourd’hui comme la mystérieuse et puissante force intelligente qui produit en permanence l’univers et tout ce qu’il contient.
La « nature naturée, » le monde créé qui n’est pas libre, il obéit au déterminisme.
Pour Spinoza c’est Dieu ou la Nature : il y a équivalence entre Dieu et la Nature (naturante).   

l’écouter, la copier,la suivre

Voir plus loin le plan : La nature peut-elle servir de modèle ? 

s’y plonger
Que reste-t-il de naturel chez l’être humain ?Nous avons 99% d’ADN commun avec le singe.Étude de l’éthologie : comportement animal.

se soigner  avec elle 

Naturopathie.

La domestiquer

Modifier les règnes végétal et animal pour les adapter à notre mode de vie et les utiliser à notre avantage.Transformer les forêts en champs, les loups en chiens etc.

La posséder,l’exploiter,la polluer, la saccager
Anthropocène : « Période la plus récente du quaternaire, qui succèderait à l’holocène, caractérisée par les effets de l’activité humaine sur la planète. L’anthropocène commencerait avec la machine à vapeur ». Définition du Robert
Période où l’espèce humaine a détruit et déréglé le climat et l’équilibre de la nature.Lévi-Strauss pense que la civilisation pourrait être le « cancer »de la nature.
s’en dégagerLa quitter pour le monde virtuel. Les jeux, les « amis » sur les réseaux sociaux…

la dépasser
Transhumanisme : Elon Musk transhumaniste propose des implants dans le cerveau humain afin de créer un être dont le mental aura les capacités prodigieuses d’un ordinateur quantique, fonctionnant par algorithmes, sans conscience, finalement de produire un être déshumanisé plus proche du robot génial que de l’être humain !
Reculer le plus possible la mort… devenir immortels.



la re-déifier

… et la vénérer sous le nom de Gaïa Mouvements New Age, écologistes à la fois scientifiques et néo-païens. L’hypothèse « Gaïa » considère que la Terre-Mère est un être vivant, à part entière, quasi sacré, protecteur et nourricier. La biosphère est un système autonome capable de maintenir la terre en homéostasie,  c’est à dire en équilibre,  
La Terre est « une entité complexe comprenant la biosphère terrestre, l’atmosphère, les océans et la terre ; l’ensemble constituant un système de feedback ou cybernétique qui recherche un environnement physique et chimique optimal pour la vie sur cette planète. La préservation de conditions relativement constantes par un contrôle actif pourrait être décrite de manière satisfaisante par le terme ‘homéostasie » Lovelock, La terre est un être vivant. 1990, p. 31-32


Gaïa !





Voir : Déclaration universelle des droits de la Terre-Mère, 27 avril 2010 contre le changement climatique.La Terre Mère et tous les êtres possèdent tous les droits intrinsèques reconnus dans la présente Déclaration, sans aucune distinction entre êtres biologiques et non biologiques ni aucune distinction fondée sur l’espèce, l’origine, l’utilité pour les êtres humains ou toute autre caractéristique.


S’inquiéterL’étudier

L’intensité et la fréquence des séismes actuels sur la planète,( incendies inondations, typhons, tremblement de terre, réchauffement, sécheresse..) ont de quoi nous inquiéter.L’écologie peut être aussi indépendante des idéologies et de la politique et se constituer comme :une science qui établit un diagnostic objectif de la crise actuelle de la biodiversité, en analyse tous les mécanismes, en étudie toutes les interactions possibles des organismes entre eux et leur environnement physico-chimique et en cherche des solutions.

2. La nature peut-elle servir de modèle ?   Réflexion. 

* Le modèle : ce qu’on peut imiter ou copier ou source d’inspiration théorie explicative d’une réalité.

Synonymes de modèle, archétype, exemplaire, exemple, idéal, maître, paradigme, parangon,  spécimen, standard, prototype, patron, maquette, moule…

La science : modélise la nature à travers ses équations mathématiques. Ici la nature n’est pas le modèle mais l’original.

* La nature est tout ce qui existe en dehors de l’être humain et de la civilisation.

Traditionnellement elle comprend 3 « étages » ou niveaux : le règne minéral, le règne végétal et le règne animal.

Les objets de la nature sont extrêmement variés. La nature c’est la vie, la beauté, la générosité à profusion mais c’est aussi la chaîne alimentaire implacable, c’est à dire la dévoration des proies par les prédateurs, les monstres, les anomalies, la maladie, la laideur dans tous les genres (putréfaction des cadavres), les épidémies, les cataclysmes et aussi la mort partout…  Si la nature peut être un modèle pour l’homme encore convient-il de se demander dans quel domaine : scientifique, artistique, technique politique, moral ?

a) Le cosmos : règne minéral.

Nous ne connaissons pas encore les limites de l’immensité du cosmos … pourrait-il être infini. 

À la fois tellurique = matériel, (composition chimique des étoiles et des planètes) et rayonnements électromagnétiques. Il obéit à des lois physiques d’une rigueur et d’une précision presqu’absolue. 

Mais nous n’en connaissons qu’une infime partie et plus de 90 % de la masse et de l’énergie nous sont encore inconnues donc dites « noires ». Les images envoyées par nouveau télescope James Web (mis en service en 2022) montrent d’immenses régions encore ignorées.  La vie n’a pas encore été détectée dans le cosmos.

b) La Terre. Les 3 règnes y coexistent. Le minéral, le végétal (vivant fixé au sol), l’animal (vivant mobile). Un lieu où la vie a émergé produisant des milliards d’êtres vivants d’une complexité inouïe. La science est impuissante à expliquer la vie, son émergence et ce qui la sous-tend : un mystère. Ce qu’on peut observer c’est ce qu’elle produit : le vivant (échange avec le milieu, assimilation, respiration, croissance, autoréparation, reproduction ou procréation)

* Imiter la nature ?  

Mais à quel niveau ? L’ordre cosmique ? L’organisme ? La loi de la jungle ? Les comportements animaux ? 

– La perfection de l’ordre cosmique ?

– Celui de l’organisme ? Chaque organe assure un travail déterminé il dépend en même temps de tous les autres et tous les autres dépendent de lui. Toute cette organisation semble obéir à une harmonie invisible.

– La loi de la jungle ? Et la « sélection naturelle » du règne animal ? La chaîne alimentaire partout implique que  le plus fort où le plus gros mange le plus petit. La loi du plus fort ?

– Les instincts animaux ? Les éthologues (spécialistes du comportement animal) décrivent une incroyable diversité dans les instincts. Aucune espèce n’est semblable à une autre.

– Le Ça ?  Le pôle « naturel » de l’être humain d’après Freud, c’est-à-dire ses pulsions de vie et de mort.

* Dans quels domaines ?

L’art : certes il y a de la beauté dans la nature, mais « l’art est la beauté fabriquée par l’être humain » selon la définition classique. Les artistes prennent souvent la nature comme modèle paysages, animaux, fleurs, fruits… mais l’artiste ne copie pas son regard transfigure, métamorphose ce qu’il voit.  Il ne peint pas les choses mais sa vision des choses, la manière dont il les voit. Une pomme peinte par différents peintres reflète le style de son créateur. La nature n’est pour lui qu’un support, une inspiration pour son génie. 

La technique

Oui la nature peut être imitée.

« Dans la nature il y a pas de problème il n’y a que des solutions » Wolf. On appelle « bionique » un domaine de la recherche scientifique systématique des solutions naturelles. Par exemple pour l’avion le Concorde on a effectué des centaines d’études aérodynamiques sur les vols d’oiseaux, avant de trouver la courbe idéale  de son fuselage.

Pour la fabrication des sous-marins on a étudié la structure à 7 strates de la peau des dauphins ; leur mouvement sous l’eau ne produit pas de turbulences à la surface, ils ne sont donc pas repérables par les avions. Le sonar des dauphins est très exceptionnel, il permet l’envoi de messages sur de très longues distances et résistants à tous les brouillages

La Politique : Platon semble se référer à la structure de l’organisme pour justifier sa conception politique hiérarchisée de la société. Mais toute référence à la nature en général est floue et dangereuse en politique. Il y a une infinité de comportements instinctifs différents dans le monde animal, des plus hiérarchisés et agressifs aux plus coopératifs et égalitaires.  

Mais si la théorie darwinienne de la sélection naturelle et de la « loi du plus fort » était fondée alors imiter aveuglément les sociétés animales (grands fauves, singes, oiseaux, poissons, fourmis, abeilles…) ce  serait se condamner une forme de régression. Des êtres conscients ne peuvent pas prendre pas prendre pour modèles des êtres qu’ils jugent « sans conscience ».

La morale ou l’éthique

Les lois de l’éthique sont à trouver à l’intérieur de notre conscience. La nature est neutre, elle n’est ni bonne ni mauvaise. Certes Rousseau la voit « bonne » mais il projette sa propre croyance. Il se réfère aux animaux pour déceler chez eux de la « pitié ». . . 

Timbergen (éthologue) décrit dans son livre « La vie sociale des animaux« , des comportements animaux qui nous paraissent aberrants et monstrueux : chez la punaise des bois, le mâle féconde la femelle en lui perforant l’abdomen, les larves qui en éclosent se nourrissent du cadavre de leur mère ! 

Les mantes religieuses sont connues pour dévorer la tête de leurs mâles pendant le coït. On trouve toutes les « perversions » possibles dans le monde animal… On trouve toutes les sortes de comportements sexuels dans la nature.

En revanche si on prend la nature au niveau le plus essentiel, dans la structure et l’évolution de l’ADN, alors elle donne l’exemple d’une gigantesque force complexifiante de créativité, d’inventivité continuelle et de dépassement vers une perfection plus grande.

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3. Cours : La Connaissance du VIVANT     

Introduction.

La notion de vie est ambiguë. 

– Ce que le sens commun entend par « vie » est l’intervalle de temps écoulé entre la naissance et la mort d’un être. Souvent la vie est confondue avec l’existence : par exemple dans l’expression « la vie après la mort ». Or, si l’âme existe, elle n’est pas « vivante ». 

– On parle aussi quelquefois de la « vie » d’un tableau : « Wang-Fo (peintre chinois) avait le pouvoir de donner la vie à ses peintures » M.Yourcenar Comment Wang-Fô fut sauvé. Il s’agit en réalité d’une intensité d’existence, d’une plénitude ontologique et non de la vie au sens propre.

– Mais la vie est invisible, insaisissable, indéfinissable. 

– Le « vivant » lui est visible et en partie analysable. Ce que le biologiste appelle « vie » est un ensemble de caractéristiques communes à tous les êtres vivants c’est-à-dire les végétaux et les animaux. 

L’objet de ce cours n’est donc pas la vie mais bien le vivant

Un être vivant possède les caractères suivants : (à savoir par cœur).

1. Son unité est la cellule constituant ultime commun à tous les vivants, constitué d’un 

    noyau et d’un cytoplasme.

2. Echange avec le milieu : irritabilité cellulaire et perméabilité sélective.

3. Assimilation : le rôle du métabolisme est de pouvoir transformer ce qui lui est étranger en 

    sa propre substance.

4. Respiration : consommation d’oxygène et rejet de gaz carbonique.

5. Croissance : la cellule et l’organisme grandissent.

6. Autoréparation : cicatrisation par auto-division des cellules.  

7. Reproduction par division des cellules (= naissance d’un être vivant identique) ou  

    Procréation sexuée par combinaison des chromosomes ou brassage génétique (naissance d’un être vivant original et unique – sauf jumeaux monozygotes-) Il existe un milliard de possibilités différentes lors de chaque fécondation.

A ces sept caractères traditionnels, il faut ajouter que le constituant de base du vivant est la molécule d’A.D.N. (acide désoxyribonucléique) molécule géante (macromolécule) à double hélice (modèle proposé par Watson et Crick en 1953). 

Cette molécule est elle-même non vivante, c’est bien là un paradoxe !  Elle pourtant est ce qui permet l’émergence du vivant.  

L’A.D.N. est une sorte de « cristal apériodique » dont la structure permet de stocker une gigantesque information génétique, nécessaire au fonctionnement d’un organisme vivant. Elle comprend environ trois milliards de signes. L’A.D.N. assure la fabrication  d’un organisme, envoie sa « copie » dans chaque cellule, se transmet aux descendants par mélange ou recombinaison de séquences de gènes. Le code de cette information est en analogie avec le langage informatique. Et de ce fait grâce à l’informatique son décodage est en cours.

S’il est donc impossible d’appréhender la vie en elle-même, en revanche, ses produits, les organismes vivants eux  seuls sont observables.

SPINOZA distinguait la vie, qu’il appelait « nature naturante », du vivant « nature naturée ».

BERGSON distinguait « l’Elan vital » des ses « retombées », la matière.

PROBLÉMATIQUE :

Comment la vie a-t-elle pu émerger de la matière inerte ? Qu’est-ce qui « donne vie » à un organisme ? Faut-il supposer comme le dit la Bible l’existence d’un principe créateur appelé Dieu qui anime la matière par son « verbe » ? Ou bien la nature contient-elle en elle-même un principe autodynamique ? Pourquoi ne pouvons-nous pas créer artificiellement la vie ? Et, pourquoi la vie se retire-t-elle nécessairement des corps, les réduisant à l’état de cadavres ? Si l’être humain ne peut pas créer la vie, il peut, de différentes manières, agir sur elle, cette manipulation a-t-elle des limites ? La connaissance du vivant ne donne-t-elle un pas pouvoir exorbitant au biologiste ? Aujourd’hui la PMA (Procréation Médicalement Assistée) donne aux êtres humains des possibilités inouïes sur la fécondité, transformant complètement les relations parentales à travers le temps et l’espace : congélation de sperme, d’ovules, fécondation in vitro, insémination artificielle, mère porteuse, clonage,  sélection des gènes du futur enfant …. A quels excès, à quels dangers cela peut-il conduire ? Si la structure de la famille mute, l’être humain va-t-il changer ? Dans quel sens ?

La modification des gènes du vivant n’est-elle pas beaucoup plus dangereuse que celle de la matière puisque le vivant se reproduit et se multiplie ? Les conséquences ne sont-elles pas imprévisibles ? En échappant nécessairement à la volonté et au contrôle du biologiste, ces expériences ne sont-elles pas un jeu d’apprenti sorcier ? Peut-on toucher au programme génétique des différentes espèces sans risques pour les autres espèces ? A qui appartient le patrimoine génétique de l’humanité ? A-t-on le droit de le modifier ? L’être humain peut-il tirer des « leçons » de la connaissance du vivant ? La connaissance des phénomènes de la vie peut-elle éclairer le philosophe dans sa quête de sens ?

Si comme le pensent de nombreux scientifiques, l’évolution de la vie est guidée par le hasard, et si elle n’est pas terminée, alors, le biologiste peut-il se permettre d’orienter l’évolution, de lui donner une finalité conforme à sa volonté, et à des valeurs humaines ? Mais les intérêts économiques ne sont-ils pas les plus forts ? Sommes-nous assez savants pour gouverner la nature ? La nature ne nous apprend-elle pas, à nos dépens, que les vaches ne sont pas carnivores ? Ne sommes-nous pas encore très ignorants sur le transgénique, (les O.G.N). 

Un rapide « zoom » sur la nature risque de sérieusement limiter nos prétentions. Notre cerveau est fabriqué, entre autres organes, par l’A.D.N. Le cerveau humain est de loin la structure la plus complexe que l’on puisse observer dans l’univers. Sa complexité dépasse de loin celle du cosmos. Mais l’A.D.N. semble nécessairement plus complexe que le cerveau. Allons encore plus loin : quelle est la cause de l’A.D.N., quelles sont ses conditions de fabrication, avec quelles forces, quelles lois, quels codes la nature produit-elle l’A.D.N. ? 

Revenons sur notre propre cerveau, dont nous savons que la plus grande partie reste inexploitée. Peut-on réellement lui faire confiance  pour comprendre des mécanismes qui le dépassent infiniment ? Comment le cerveau, produit de la nature, pourrait-il comprendre ce qui le produit ? N’est-ce pas un cercle vicieux ? 

Et cependant le cerveau est le carrefour stratégique de la vie et de la connaissance de la vie c’est-à-dire de la biologie.

En quoi la vie se distingue-t-elle de la conscience ? Est-ce la vie qui produit la conscience ou la conscience qui produit la vie ?

Le vivant est dans un état transitoire, entre la naissance et la mort, fragile, non seulement en perpétuel déséquilibre, mais oscillant entre la santé et la maladie. 

I.   LE MYTHE DE L’ARBRE DE LA VIE

Cf. : la Bible : dans le paradis terrestre il existe deux arbres : l’arbre de la connaissance et l’arbre de la vie. Alors qu’il est interdit de « goûter » au premier, le second est autorisé. L’arbre de la vie ne devient inaccessible qu’après la chute. Existe-t-il un moyen de ne pas mourir ?

Le symbole de l’arbre de la  vie est une sorte de paradigme c’est-à-dire de modèle idéal du vivant. 

1. Le tronc et l’arborescence symbolisent le phénomène de diversification, de ramification, de complexification propres aux êtres vivants.  Des millions d’espèces vivantes émergent à partir d’un tronc commun  (cf. la NÉGENTROPIE).

2. L’arbre est le lieu où s’opère un phénomène de photosynthèse c’est-à-dire de transformation de la matière (terre, éléments chimiques), de l’énergie solaire en fruits, oxygène, verdure (fonction chlorophyllienne). = TRANSMUTATION.

3. L’arbre existe potentiellement dans chacune de ses parties, chaque graine, chaque noyau contient de l’A.D.N.

On peut aller plus loin et se demander s’il existe un « code des codes ». Ce qui reviendrait à s’interroger sur l’évolution générale de la vie, des vivants. Est-elle programmée au départ ?  ?

4. L’arbre relie la terre et le ciel. La vie relie-t-elle la matière et la conscience ?

(L’évolution : minéral – végétal – animal – homme  +conscience) 

II.  EVOLUTION HISTORIQUE de la BIOLOGIE.

1. Le finalisme d’Aristote (-384/ -322)

Le finalisme est une théorie qui affirme que la nature tout entière tend vers un but. La finalité suppose une orientation des êtres de la nature vers une harmonie ou un sens. La formation de chaque être vivant et la hiérarchisation des êtres vivants suivent un plan, un but, une « intention » de la nature (pas nécessairement compréhensible par l’homme). Chaque organe est lui-même « fabriqué » pour accomplir une fonction, en vue de l’harmonie de tout l’organisme. La finalité de l’œil est la vision, celle de l’estomac est la digestion etc. Et tous les êtres vivants existent en vue d’une fin. La nature est un ensemble harmonieux dans lequel chaque être est à sa place et a sa raison d’être. Cette théorie suppose une sorte d’intention consciente de la nature.

2. Le mécanisme de Descartes.  (XVII°)

La théorie mécaniste s’oppose au finalisme. Elle considère que toute la nature fonctionne comme une grande machine. Il n’y a aucune intention cachée de la nature, ni aucune âme qui animerait l’organisme. L’âme est une substance différente de celle du corps. Le corps est une sorte d’automate. Le cœur est comme une pompe-chaudière, les artères sont comparés à des canaux…la circulation à un système hydraulique. Cf la théorie des « animaux-machines » de Descartes.

Au sens large, le mécanisme ou, plus tard, le « mécanicisme » est l’explication du vivant à partir de ses propriétés physico-chimiques. 

3. Le finalisme de Kant (XVIII°) ou principe téléologique.

Pour Kant, un organisme vivant ne peut en aucun cas se comparer à une machine. Un chat vivant et une horloge ne fonctionnent pas de la même manière. Le chat respire, se reproduit, s’auto-répare (guérit, cicatrise),  Les êtres vivants sont organisés selon une finalité qui ne peut que susciter notre admiration. 

« Un être organisé n’est pas simplement une machine, car la machine possède uniquement une force motrice ;mais l’être organisé possède en soi une force formatrice » Kant 

4. Le vitalisme. 

En réaction contre le mécanisme, la théorie vitaliste affirme que l’essentiel de la vie ne s’explique pas par des propriétés de la matière mais par une force spirituelle qui la dépasse et l’anime. 

Bordeu et Barthez (XVIII°) expliquent la sensibilité des fibres nerveuses par la présence d’une « âme » 

Pour Bergson (XX°) La vie est une force vitale mystérieuse, un élan créateur, inexplicable par la raison et l’intelligence. Cet « élan vital » ou encore « l’évolution créatrice » ne peuvent être saisis que par l’intuition pure de la conscience. Les choses inertes et l’intelligence ne sont que des « retombées » de l’élan vital, tandis que la conscience en est la fine pointe. 

4. L’évolutionnisme. 

 a. Lamarck (1744-1829) : Transmission des caractères acquis.

Selon Lamarck, l’influence du milieu oblige l’organisme à s’y adapter. L’adaptation transforme les espèces. Par exemple, en cas de sécheresse, la girafe tire sur son cou pour manger les feuilles. Celle qui allonge le plus son cou survit puisque contrairement aux autres, elle peut attraper les feuilles les plus hautes. Donc elle survit et transmet cette modification morphologique à ses descendants.

    b. Darwin (1809-1882) : transmission des caractères innés. 

Selon Darwin, la vie des espèces implique une lutte pour la vie. En outre il se produit des mutations génétiques. Dans ce combat, les individus les plus aptes (en raison de leur patrimoine génétique) survivent. Ils transmettent donc par hérédité leurs caractères génétiques. Sélection naturelle. 

5. Naissance de la biologie comme science. (Fin du XIX°)

a] Claude Bernard XIX° donne à la médecine un statut scientifique

La difficulté d’expérimenter sur le vivant explique l’apparition tardive de la biologie scientifique. C.Bernard invente une méthode pour étudier le vivant, c’est-à-dire un organisme en train de vivre. Jusque là, paradoxalement on essayait de comprendre la vie à partir de l’étude des cadavres grâce à la dissection. Mais ce travail était impossible à pratique sur l’homme parce que l’Eglise interdisait la dissection sur les êtres humains. Cl.Bernard propose une expérimentation directe sur le vivant. (D’où plus tard l’extension de la vivisection, les expériences sur les animaux de laboratoire, et combat de B.Bardot !)

Dans son livre Introduction à la médecine Expérimentale, Cl.Bernard décrit ses expériences sur le chien, pour mettre en évidence la fonction glycogénique (fabrication du sucre) du foie. Il propose de formuler les résultats des expérimentations à l’aide d’un langage mathématique, chiffres, courbes, statistiques, lois… La biologie scientifique est née.

b] Découverte de la GENETIQUE. J. Monod et F. Jacob (XX°). 

A la base de la vie il y a un gigantesque programme d’informations codées.

En 1971, Monod et Jacob publient ensemble : Le Hasard et la Nécessité. (Essai sur la philosophie naturelle de la biologie moderne).

Résumé du livre : 

1. « De la bactérie à l’homme la machinerie est la même. » : l’A.D.N. et l’A.R.N. messager.(Voir vos livres de biologie sur la double hélice de L’ADN. Dans un œuf humain, par exemple, il y a 10 12  informations codées. 

2. Le hasard : De temps en temps, il se produit des « accidents », des « failles », des « anomalies » dans le programme de réplication de l’ADN. Donc, un nouveau codage apparaît. Ce nouveau codage fabrique un être nouveau : un mutant, même si la mutation est minime.

3. La nécessité : Ce mutant est jeté dans la nature où règnent des lois nécessaires et déterminées, les lois de la jungle par exemple. Et là, de deux chose l’une : 

    – ou bien à cause de cette mutation l’être vivant est moins bien équipé, moins adapté, voire sous-adapté dans son milieu, et dans ce cas, il est rapidement éliminé. Il ne laisse pas de descendant. Cette mutation disparaît.

     – ou bien, il est mieux équipé dans le combat pour la vie, que les autres, voire il est sur-adapté, il survit, se reproduit, transmet son nouveau code génétique à ses descendants et est à l’origine d’une nouvelle espèce.

4. Le paradoxe : C’est à partir des défaillances de la « machinerie » et donc d’une imperfection initiale que les êtres vivants se complexifient et deviennent de plus en plus parfaits…!

5. L’évolution est loin d’être terminée. J.Monod écrit qu’il y a 10 6025 combinaisons possibles de la molécule d’ADN. Nous sommes donc loin d’être arrivés au bout du chemin de l’évolution, peut-être même n’en sommes-nous qu’au commencement.

Monod réintroduit d’une certaine façon la finalité à l’intérieur de la biologie à travers la notion de « téléonomie ». Il est évident que le code génétique a une finalité, celle de construire un organisme déterminé.

c]  Diversification actuelle de la biologie.

Aujourd’hui la biologie s’est divisée en de très multiples branches. Médecine, bactériologie,  virologie, hématologie, génétique, biologie moléculaire, biotechnologies ….

d]  l’exobiologie.

Les biologistes cherchent des traces de vie à l’extérieur de la terre, voire du système solaire. Les Soviétiques ont découvert des fossiles de végétaux et d’insectes sur des aérolithes, pierre tombées du ciel, donc venant d’ailleurs que de la terre.(Science et Avenir 2000)

e]  Mise en relation de la biologie avec l’astrophysique

La terre, nous disent les astrophysiciens, est constamment bombardée par le rayonnement cosmique. D’où l’explication possible des mutations biologiques par cette cause.   

III.   LE CERVEAU HUMAIN.

Point de rencontre de la  vie et de la connaissance (la biologie).

Le vivant le plus extraordinairement complexe que l’évolution ait produit, nous l’avons vu dans la problématique, est le cerveau humain. Et ce produit a ceci de remarquable : il essaie de comprendre le monde qui l’a produit.

On peut penser que s’il existe une complexité supérieure à celle du cerveau, non seulement il ne pourrait certainement pas la comprendre, mais il ne la percevrait sans doute même pas.

 Le cerveau est donc un univers gigantesque, d’une complexité supérieure à tout ce que nous connaissons, y compris l’ensemble du cosmos.

J. Changeux, dans L’homme Neuronal, décrit le cerveau. Celui-ci est formé de plus de 15 milliards de neurones disposant chacun de plus de 600.000 connexions (de nature chimique et électrique). De quel type de cercle vicieux s’agit-il quand le cerveau étudie le cerveau ?

 Le cerveau intermédiaire absolu entre le monde et « nous », il interprète le monde..

Le cerveau capte des milliards d’informations (vibrations de toutes sortes) et par l’intermédiaire des récepteurs sensoriels, les traduit en perceptions visuelles, auditives, tactiles, gustatives, olfactives.

Il existe au XX° siècle une expérience très intéressante, décrite dans le cours sur la VERITE, que nous reprenons ici. 

On place un sujet dans une pièce noire et silencieuse. On lui pose des électrodes sur le crâne, au niveau des récepteurs sensoriels, vue, ouïe, toucher, odorat…., et l’on envoie un très faible courant électrique sélectivement, et successivement sur les différents récepteurs. D’abord, le sujet « voit » des figures précises et colorées, qu’il peut décrire et mesurer sur le mur qui lui fait face. (On peut dire que la fonction touchée dans son cerveau a spatialisé le stimulus qui n’était que de nature électrique). Ensuite, il se met à entendre des sons qui se suivent dans la durée, (il a temporalisé le même stimulus), puis, il sent des « contacts » comme si de petits insectes se promenaient sur la peau de son visage, enfin, il sent des odeurs……. Bref, le même stimulus, le courant électrique, est traduit, ou plutôt interprété en fonction des zones qui reçoivent l’information. Aujourd’hui, des casques à rayon laser stimulent des zones cérébrales pour déclencher des sensations diverses et créer tout un monde virtuel.

Cette expérience montre que nous ne percevons pas la réalité, (ici le courant électrique), telle qu’elle est, mais que nous la « transformons » en fonction de nos structures intérieures, c’est notre cerveau qui les interprète en fonction de ses propres codes.

Le problème est de savoir comment le cerveau traduit. Quelles transformations, quelles distorsions opère-t-il sur les données qu’il capte ? En tout cas le monde n’est pas comme nous le percevons. Ce que nous percevons est une construction de notre cerveau.

Il est d’ailleurs possible de modifier ces traductions de notre cerveau : 

  – par des substances diverses, drogues cf les expériences de Castañeda, décrites dans son livre : Voir (Les enseignements d’un sorcier Yaqui)..

  – par des rituels, exercices de méditation, yoga, derviches tourneurs, cérémonies « magiques »…

 Les localisations cérébrales.

    a) cerveau « tri-unique » de Mac Lean   – paléocéphale : instinctivité

                                                                 – mésocéphale : affectivité

                                                                 – néocéphale : connaissance

    b)  Les « zones » de BROCA (dont l’aire 44 qui gère le geste et la parole)

    c) Travaux actuels. 

Le cerveau gauche situé dans l’hémisphère droit serait le lieu de perception des  images visuelles, sonores, des formes, figures, symboles : sorte de RADAR. Cerveau des rêveurs, des poètes, des artistes … Il est réceptif

Le cerveau droit situé dans l’hémisphère gauche commanderait le langage, toutes les opérations logiques, abstraites, mathématiques, il fabriquerait toutes les sortes de PROTHESES qui nous servent à  comprendre .le monde. Il est  émetteur.

   Le cerveau-mémoire

Il Contient sans doute stock phylogénétique (héritage de l’espèce) et ontogénétique (souvenirs de l’individu). Les travaux de Freud prouvent que « Rien n’est oublié ». Tous nos souvenirs sont  conservés, et codés sous formes d’éléments physico-chimiques dans des neurones particuliers.

Les neurones qui ne sont pas programmés disparaissent plus vite que les autres. A partir de 20/25 ans le cerveau perd 10 000 neurones par jour !! (Donc pour conserver sa mémoire il faut s’en servir).

 Les différents états de conscience.

Les différents états de conscience (sommeil, coma …peuvent être indiqués par les EEG (électroencéphalogrammes) ils se traduisent par différents types d’ondes. L’onde alpha, de 8 à 13 oscillations par seconde, est produite dans les états de relaxation, de recharge en énergie. Il est possible de produire cet état grâce à des techniques différentes (méditation, prière, yoga…). Aux USA le contrôle se fait par l’intermédiaire d’un appareil appelé « Biofeedback ».

 Le cerveau inutilisé.

Le cerveau ne serait utilisé qu’à 1/100e de ses possibilités (selon le Pr. Lhermite), à 1/1.000.000e selon des travaux récents (1991) de biologistes allemands. Cela pose le problème des facultés encore inconnues du cerveau humain, du cerveau (neurones) du cœur et du cerveau (neurones) du ventre ?

 Les stimulateurs cérébraux.

Le premier stimulateur cérébral (ou pacemaker cérébral) a été inventé par le professeur Delgado, de université de Madrid. Il a montré qu’en fixant des électrodes dans des zones sélectionnées du cerveau d’un taureau, On pouvait à partir d’une télécommande déclencher à distance un comportement d’agression ou de soumission.

Sur l’homme,  le pacemaker cérébral permettrait de stimuler ou d’interrompre la douleur et le  plaisir. On saisit tout de suite l’ambivalence de cette technique. Elle est capable d’être utilisée pour torturer des êtres humains sans laisser aucune trace visible. Elle peut servir à calmer, voire anesthésier, les douleurs chirurgicales ou terminales (= celles des mourants).

Des expériences ont été faites sur un groupe de singes. Des chercheurs leur ont appris, à l’aide d’une télécommande à stimuler artificiellement des électrodes situées sur leurs zones cérébrales réceptives au plaisir. Tellement « heureux », ils ne cessaient de stimuler, au point d’en oublier de manger et de se reproduire. Ils sont tous morts de plaisir !

IV. Les POUVOIRS du BIOLOGISTE.

Presque tous ces pouvoirs apparaissent immenses, et contre nature parce qu’ils vont au-delà des limites. La nature demande souvent à être réparée ou améliorée …et la biologie le permet souvent .

Mais le progrès de la science (du rationnel) engendre parallèlement une montée de l’irrationnel. La science occupe dans notre société une fonction magique. Elle alimente les fantasmes les plus fous. 

 Lire Rostand : Aux frontières du surhumain.

Hibernation, lyophilisation, congélation, fabrication d’animaux-chimères, de microbes  nouveaux, greffes, manipulations génétiques.

Lire Huxley : Le meilleur des mondes : il imagine un monde où l’on réaliserait les possibilités de la biologie….Il montre que cette société serait terrifiante, qu’elle annulerait toute liberté.

Aujourd’hui, les pouvoirs que donne la biologie à l’humanité sont tels qu’ils donnent le vertige. En voici seulement quelques exemples :

 1. Les manipulations génétiques

 * Sur les végétaux : les O.G.N (organismes génétiquement modifiés). Pour rendre certains aliments plus résistants et plus productifs, les biologistes ont introduit des gènes de scorpion dans les tomates ou encore des gènes de méduse dans le maïs par exemple. La production alimentaire  décuplée pourrait être une solution à la malnutrition. Mais d’une part ces O.G.N. sont stériles, d’autre part, on ne sait pas de quelle façon les modifications génétiques vont se répercuter sur les différents consommateurs de ces produits, vers, oiseaux et surtout humains. Les généticiens n’excluent pas la possibilité d’une déstabilisation en chaîne des codes génétiques. Le risque est encore non calculé, non prévisible.

* Sur les organismes animaux ou humains : Les animaux transgéniques, souris, singes… Récemment on vient de produire un macaque Rhésus transgénique surnommé « ANDI » (Le Monde du 13/01/01) pour mettre au point des traitements du Sida et du cancer du sein.

* La thérapie génique consiste à corriger une maladie héréditaire par transfert du gène normal dans les embryons déficitaires. Ce gène s’ajoute  au gène muté. Cette technique vient de donner d’excellents résultats pour les « enfants-bulle » dont le système immunitaire était défaillant. 

D’énormes difficultés demeurent : chez l’être humain, par exemple, la maladie d’Alzheimer ne dépend pas d’un seul gène mais d’une combinaison de plusieurs gènes et de plus cette même maladie résulte de combinaisons différentes chez des sujets différents. 

2. Les substances biochimiques.

Antibiotiques, Mélatonine, Viagra, DHEA, Prozac …modifient la qualité de vie, les performances normales, et même, indirectement, la durée de vie. Celle-ci a doublé en cent ans.

3. La PMA (Procréation Médicalement Assistée), qui utilise tous les progrès de la technologie et de la génétique, permet de pallier la stérilité des couples. 

a) La FIV, (Fécondation in vitro). Grâce à la congélation de sperme (les ovules ne peuvent pas être congelés pour le moment) de donneurs anonymes ou non, les difficultés d’espace et de temps sont résolues. Il devient possible de féconder un ovule avec le sperme d’un homme qui se trouve à l’autre bout du monde ou encore d’un homme mort depuis longtemps. Les morts peuvent désormais engendrer ! Les femmes peuvent « vendre » leurs ovules. (Récemment, (Nov.1999), sur Internet des « top models » ont mis en ventes leurs ovules). L’embryon obtenu dans une éprouvette peut être implanté dans l’utérus d’une femme (mère ou mère porteuse), ou congelé et mis en attente. L’enfant pourra avoir plusieurs parents.

(La FIV. est interdite par le Vatican).

b) L’ICSI (Intracytoplasmic Spermatozoïd Injection).

Lors de la fécondation « naturelle » ou de la FIV, des millions de spermatozoïdes entourent l’ovule qui n’en « choisit » qu’un. On ne sait pas exactement sur quels critères. Il semble que ce soit le spermatozoïde qui contienne les gènes les plus différents des siens. Or en raison de la baisse (inexpliquée) de la fertilité masculine, dans l’ICSI on prend un seul spermatozoïde qu’on introduit « de force », à l’aide d’une impulsion électrique, dans l’ovule. Certains biologistes ont parlé de « viol de l’ovule ». L’expression est exagérée, mais on ne sait pas du tout si, en situation « normale », c’est bien ce spermatozoïde qui aurait été choisi et, de ce fait, on en ignore les conséquences biologiques ou psychologiques.

     c) la GPA – Gestation pour autrui.  Une « mère porteuse », porte dans son utérus l’enfant d’un couple  stérile. 

4. Le diagnostic pré-implantatoire. Il est possible d’identifier certains gènes défectueux sur un embryon, d’éliminer celui-ci, et donc de choisir celui qui ne présente aucune altération, avant de l’implanter. 

5. Le clonage ouvre sur des difficultés immenses. Il existe deux sortes de clonages : 

  a) Le clonage reproductif :

La possibilité de fabriquer le double parfait de quelqu’un libère les fantasmes les plus fous. 

En Févr.1997 le premier clone a été réussi, après 277 essais, la brebis Dolly. Depuis de nombreux autres clones ont été produits. Aux USA, des laboratoires privés (le Docteur Seak à Chicago, la secte des Raëlien aux Bahamas) ont affirmé leur intention de fabriquer des clones humains. De nombreux couples sont stériles. Le marché est gigantesque. 

– L’on pourra donc bientôt fabriquer son clone, le laisser grandir jusqu’à 20 ans, puis le congeler afin qu’il serve de banque d’organes. C’est le rêve de nombreux Américains. En effet c’est la seule manière d’éviter tout rejet de greffe !

– De nombreux hommes désirent avoir un enfant identique à eux. Le clonage permettra de réaliser ce type d’enfant. Mais est-ce bien un « fils » ou une « fille » ou plutôt un jumeau décalé dans le temps ? 

  b) Le clonage thérapeutique pourrait aussi, à partir de cellules embryonnaires du clone sélectionnées, servir à fabriquer, non pas un organisme, mais des tissus, ou des organes. 

6. La bio-électronique. A partir d’implants cérébraux, un homme entièrement paralysé a le pouvoir de commander son ordinateur par la force de sa pensée ! (Le Monde 6/12/99)

Le futur « homme bionique » se réduira-t-il à un cerveau couplé à un robot ?

7. Le gène de la mort. Les généticiens pensent que la durée de la vie serait modulée par un gène ou une combinaison de gènes. Pourra-t-on bientôt le modifier et allonger la vie ? Sommes-nous proches de l’immortalité au moment où la terre devient justement inhabitable ?

Ce ne sont que quelques exemples choisis parmi un très grand nombre. 

Cependant, malgré tous ces progrès il reste encore bien des énigmes, et des obstacles. Le cancer, le virus « Ebola » ou celui du  sida, et de très nombreuses maladies, ne sont toujours pas vaincus. L’A.D.N. n’est encore pas décrypté (=décodé).

Il n’y a pas de recherches sans expérimentations. Celles-ci coûtent très cher, des milliards de dollars, et sont réalisées essentiellement par des laboratoires privés. Leur logique est uniquement économique, fondée sur la rentabilité. Il est impossible d’arrêter la science. D’où les multiples dangers. Des biologistes en prennent  conscience, avertissent le public. Le professeur Jacques Testart, il y a quelques années, a donné publiquement sa démission au congrès de biologie de Montreux. Toutes ces découvertes posent des problèmes légaux, et philosophiques surtout d’ordre  éthique. Il s’est créé de nombreux comités de bioéthique pour  réfléchir sur les limites à ne pas dépasser. Mais la nature peut-elle nous éclairer ?

V. Les PROBLEMES de BIOÉTHIQUE.

La biologie rencontre le droit et la philosophie sur plusieurs terrains. 

Voici quelques exemples : 

Juridique :

– L’embryon viable a une personnalité juridique. A-t-on le droit de le modifier, de le détruire ? 

– L’A.D.N. humain est un trésor, il est un patrimoine de l’humanité. En ce moment, il existe environ 100.000 embryons congelés, en attendant d’être inséminés. Que faire des embryons non utilisés ? A qui appartiennent-il ? 

– Si la destruction des embryons et des fœtus est légale (IVG) comment interdire celle des embryons non utilisés, voire les expérimentations sur eux ? 

– Peut-on porter plainte contre le fait d’être né malformé ? (Cf L’arrêt Nicolas Perruche, Nov. 2000) La vie est-elle un préjudice ?

Philosophique.

* Anthropologie

– La fécondation in vitro avec donneurs de sperme ou d’ovules, casse la structure triangulaire de la parenté. Un enfant peut avoir jusqu’à cinq parents, cela pose le problème de la pluriparentalité. Qui sont les « vrais » parents ? La notion traditionnelle de famille éclate.

– Si des centaines de fécondations sont possibles à partir d’un seul donneur, comment éviter l’inceste ?

* Psychologie :

– Quelles sont les conséquences psychologiques pour un embryon de rester congelé plusieurs mois voire plusieurs années, s’il existe comme le dit Freud une mémoire prénatale ?

– La procréation existe sans sexualité, sans amour, sans aucune rencontre physique des deux géniteurs, sans même qu’ils se connaissent.

– L’effacement des racines puisque les donneurs sont anonymes. Or l’enfant a besoin d’un lien symbolique avec le visage ou au moins l’identité de ses géniteurs. 

* Politique

Grâce au diagnostic préimplantatoire qui permet l’analyse des gènes d’un embryon, on peut éviter de laisser se développer un embryon porteur de gènes défectueux. On peut donc éviter le pire et chercher le meilleur. Comment éviter l’enfant à la carte (choisi selon les fantasmes des parents et les critères de la société) ?  Déjà en Inde ce diagnostic permet l’élimination des filles. L’eugénisme se profile.

* Morale ou éthique

– Faut-il exiger la liberté de procréer à tout prix ? Le don de la vie est-il un droit absolu ? Faut-il le refuser aux célibataires, aux homosexuels, aux géniteurs présentant des maladies génétiques ?

– A-t-on le droit de cloner des être célèbres depuis longtemps disparus (si l’on possède leur A.D.N.) Ramsès II, Napoléon, etc…  ou des morts de la famille, (un grand-père, un enfant mort très jeune) ?

– Le clonage reproductif (qui revient, en fait, à vouloir et à réaliser l’existence d’un être génétiquement identique à soi) respecte-t-il le droit de l’individu à son originalité et à son unicité ? A-t-on le droit de déterminer de sa propre volonté toutes les caractéristiques d’un enfant ou est-il plus moral d’accepter qu’il soit différent et absolument unique ?

 (Problème des jumeaux qui considèrent le plus souvent leur gémellité comme un cadeau de la nature !) 

– Utiliser son propre clone comme banque d’organes, c’est s’en servir comme d’un objet,  l’instrumentaliser, lui ôter non seulement toute dignité mais même son droit à vivre.

– La sélection d’un embryon non porteur d’anomalie génétique pour faire un enfant capable de sauver un membre de sa famille, sa petite sœur par exemple, atteinte d’une grave maladie génétique, (affaire Valentin Nov. 2000), est-elle moralement défendable ? L’enfant est, lui aussi, instrumentalisé. Mais la vie de l’autre enfant ne méritait-elle pas d’être sauvée ? A quel prix ? 

* Métaphysique :

 – Où commence la dignité de la personne humaine ? A quel moment la conscience est-elle présente ? La conscience se trouve-t-elle déjà, en puissance, dans l’information du code génétique ou se forme-t-elle beaucoup plus tard ?

La structure de notre pensée obéit-elle à celle de nos gènes ? Si oui que pouvons-nous connaître ?

– Sommes-nous la résultante de nos gènes ou plus que nos gènes, des êtres libres ?

– La valeur d’un être réside-t-elle dans son unicité physique, génétique ? (toujours le problème des jumeaux ?).

– La force qui oriente l’évolution des êtres vivants suit-elle une voie aléatoire (= hasard) ou bien obéit-elle à des lois sous-jacentes exprimant une finalité (invisible) ?

– Pouvons-nous changer l’ordre de l’univers, ressusciter des espèces disparues, supprimer la mort…?  

Pour l’instant il règne un très grand flou juridique et moral. 

Conclusion

Nous ne savons où trouver les modèles qui pourraient nous donner des repères. Il est possible qu’avec un immense recul, la nature elle-même nous renvoie à nos limites (effet de serre, ouragans, inondations, E.S.B (Encéphalopathie Spongiforme Bovine = « vache folle ») qui donne chez l’homme la maladie de Creutzfeldt-Jakob  etc.) …   et nous condamne à comprendre nos erreurs.

Deux attitudes contraires en face de la science :

Le conservatisme : il faut absolument conserver sur tous les plans les structures traditionnelles.  Il est souvent proche d’un dogmatisme rigide et paralysant.

L’esprit prométhéen : il faut absolument avancer, dépasser les limites, accepter les transgressions des lois de la nature. Il est souvent dangereux. 

Il faudrait que nous soyons capables de calculer les risques. En attendant, aujourd’hui la société préconise le « principe de précaution » : prévision très aléatoire des risques et non engagement de ces risques. 

Pour finir il serait intéressant de méditer sur le célèbre :

Serment d’Hippocrate

(Formule moderne entre en vigueur en France dès le XV° siècle  obligatoire dans les soutenances de thèses par édit royal de 1707.)

« Je promets et je jure d’être fidèle aux lois de l’honneur et de la probité dans l’exercice de la médecine.

Je promets et je jure de conformer ma conduite professionnelle aux règles présentées par le Code de déontologie et aux principes traditionnels qui y sont contenus.

Je donnerai mes soins gratuits à l’indigent et n’exigerai jamais un honoraire au-dessus de mon travail ; je ne participerai à aucun partage illicite d’honoraires.

Admis dans l’intérieur des maisons, mes yeux ne verront pas ce qui s’y passe, ma langue taira les secrets qui me seront confiés et mon état ne servira pas à corrompre les mœurs  ni à favoriser le crime.

Je garderai le respect absolu de la vie humaine, dès la conception.

Même sous la menace, je n’admettrai pas de faire usage de mes connaissances médicales contre les lois de l’humanité.

Respectueux et reconnaissant envers mes maîtres, je rendrai à leurs enfants l’instruction que j’ai reçue de leurs pères.

Que les hommes m’accordent leur estime si je suis fidèle à mes promesses.

Que je sois couvert d’opprobre et de mépris de mes confrères si j’y manque. »

Sujets de bac.

Peut-on se donner comme règle morale de suivre la nature ?
La nature : qu’est-elle pour le savant, pour le technicien, pour l’artiste ?
Que la nature soit explicable, est-ce explicable ?
Faut-il se demander si l’homme est bon ou méchant par nature ?
La féminité est-elle un artifice de la culture ou une différenciation naturelle ?
Qu’est-ce qui distingue ce qui est naturel de ce qui est artificiel ?
Pourquoi faut-il se méfier de la notion de nature en général et de celle de nature humaine en particulier ?
La domination de la nature par l’homme, est-elle indissociable d’une domination sur les hommes ?
La nature est-elle un modèle ?
Qu’est-ce qui distingue ce qui est naturel de ce qui est artificiel ?
Que peut signifier pour l’homme la nostalgie de la nature ?
Le projet de devenir « maître et possesseur de la nature » a-t-il encore un sens de nos jours ?
Tout ce qui est naturel est-il normal ?
Pourquoi la nature obéirait-elle à des lois ?
Dans quelle mesure peut-on distinguer chez l’homme besoins naturels et besoins artificiels ?
La nature commet-elle des erreurs ?
En quel sens peut-on dire que l’homme n’est pas un être naturel ?
La notion de nature est-elle une notion claire ?
Dans quels domaines est-il légitime de prendre la nature comme modèle ?
Ce qui est naturel a-t-il nécessairement une valeur?
Tout ce qui est naturel est-il bon ?
Le mot « loi » a-t-il le même sens selon qu’on parle des lois de la cité ou des lois de la nature ?
Tout ce qui est naturel est-il normal ?
Quel sens et quelle valeur faut-il accorder à l’expression : « c’est dans la nature des choses » ?
L’acte de se nourrir relève-t-il de la nature ou de la culture ?
Peut-on dire que la nature est bonne ?
La nature a-t-elle une histoire ?
Peut-on à la fois exploiter la nature et libérer l’homme ?
La culture se contente-t-elle seulement de compléter la nature ou se substitue-t-elle à elle ?
L’idée d’une contre-nature se justifie-t-elle ?
La nature a-t-elle des droits ?