Aristote

ARISTOTE  IV° siècle av J-C. Grèce

Disciple de Platon mais ne partage pas le mêmes idées.

Il s’intéresse surtout au raisonnement, à la LOGIQUE et à la politique.

ARISTOTE  définit l’homme comme un   « ANIMAL POLITIQUE ». C’est notre nature de vivre en société.

La raison est une faculté supérieure qui permet de PENSER, de juger du vrai et du faux, et du bien et du mal et de décider. Elle s’exprime à travers le « LOGOS », (= l’intelligence capable de théoriser) qui sous-tend  la PAROLE. C’est elle qui nous distingue des animaux. Mais ce n’est pas n’importe quelle parole ! 

Cependant, pour Aristote, tous les « êtres humains » ne sont pas des hommes à part entière : 

Il existe selon lui, différentes catégories d’âmes, inégales, et qui sont ordonnées selon la hiérarchie suivante : 1) l’âme sensible,  2) l’âme végétative qui assure la nutrition, la croissance et la reproduction,  3) l’âme sensitive (sensation),  4) l’âme pensante (= raisonnable)  5) l’âme divine (premier Moteur immobile).

– D’abord les esclaves ne sont que des « instruments animés »

 « Quand les hommes diffèrent entre eux autant qu’une âme diffère d’un corps et un homme d’une brute (…), ceux-là sont par nature des esclaves pour qui il est préférable de subir l’autorité d’un maître. Est, en effet, esclave par nature celui qui est apte à être la chose d’un autre et qui a la raison en partage dans la mesure où elle est impliquée dans la sensation, mais sans la posséder pleinement. » Aristote Politique, Vrin, 1982, p. 40-41

– Ensuite les femmes représentent dans l’espèce humaine, un « écart spécifique », ce qui revient à dire qu’elles sont moins humaines que les hommes. 

– Enfin chez les enfants, la raison n’est pas mûre, ils ne sont pas tout à fait humains.

Pour le sens commun, chez les GRECS, le seul discours intelligent, c’est le grec ! Selon eux, les autres peuples qui ne parlent pas le grec, ne PARLENT PAS, ils « baragouinent », c’est pourquoi les Grecs les nomment « BARBARE ». (BA est une racine indo-européenne qui signifie émettre des sons, et que l’on retrouve dans bavarder, baratiner, babiller…). « BARBARE »  signifie pour les Grecs « infra-humain » ou encore « sous-homme ». Cette conception fonde par conséquent en DROIT, et en FAIT l’esclavage. Elle autorise les Grecs à traiter des hommes (étrangers vaincus pendant les guerres) comme des instruments ou des animaux c’est-à-dire

1 – à les posséder comme des objets, les acheter, les vendre ( marché d’esclaves)

2 – à les exploiter, et à les utiliser sexuellement ( y compris les enfants)

3 – à les détruire. Tuer un esclave n’est pas considéré comme un meurtre.

4 – le statut des femmes en Grèce est à peine supérieur.

« Quand les navettes marcheront toutes seules nous n’aurons plus besoin d’esclaves » Politique. (Aujourd’hui les robots sont sur le point de travailler tout seuls … nous n’aurons plus besoin de travailleurs ? Mais comment allons-nous subvenir à nos besoins ? )

On imagine aisément toutes les dérives possibles (et réelles) de cette conception, chez les Grecs eux-mêmes, (puis plus tard, chez quelques théologiens du Moyen Âge – ceux qui ont adopté le point de vue d’ARISTOTE -), enfin au vingtième siècle, nous constatons que cette conception est loin d’être enterrée !   

Se connaître, amitié.

« Apprendre à se connaître est très difficile […] et un très grand plaisir en même temps (quel plaisir de se connaître !)  ; mais nous ne pouvons pas nous contempler nous-mêmes à partir de nous-mêmes : ce qui le prouve, ce sont les reproches que nous adressons à d’autres, sans nous rendre compte que nous commettons les mêmes erreurs, aveuglés que nous sommes, pour beaucoup d’entre nous par l’indulgence et la passion qui nous empêchent de juger correctement. Par conséquent, à la façon dont nous regardons dans un miroir quand nous voulons voir notre visage, quand nous voulons apprendre à nous connaître, c’est en tournant nos regards vers notre ami que nous pourrions nous découvrir, puisqu’un ami est un autre soi-même. Concluons ; la connaissance de soi est un plaisir qui n’est pas possible sans la présence de quelqu’un d’autre qui soit notre ami ; l’homme qui se suffit à soi-même aurait donc besoin d’amitié pour apprendre à se connaître soi-même. »  Aristote.

« Quand les hommes diffèrent entre eux autant qu’une âme diffère d’un corps et un homme d’une brute (…), ceux-là sont par nature des esclaves pour qui il est préférable de subir l’autorité d’un maître. Est, en effet, esclave par nature celui qui est apte à être la chose d’un autre et qui a la raison en partage dans la mesure où elle est impliquée dans la sensation, mais sans la posséder pleinement. » Politique, Vrin, 1982, p. 40-41

« Arrogance de la classification aristotélicienne »  L’humanité perdue.    A. Finkielkraut, Seuil, 1996)