Gide XIX-XX° siècle? Écrivain France.
L’acte gratuit.
C’est l’acte qui n’a pas de « raison », pas de motifs ni de mobiles. Il est accompli d’une manière indifférente, neutre, sans aucun état d’âme.
– Au Moyen Âge, un penseur, BURIDAN, méditait sur le cas d’un âne, qui placé à égale distance d’un seau d’eau et d’un picotin d’avoine, et ayant aussi soif que faim, donc n’ayant aucune raison d’aller à droite plutôt qu’à gauche, selon Buridan, se laisserait mourir de faim et de soif. Tandis que l’homme, au contraire, parce qu’il est doué d’un libre arbitre pourrait se décider volontairement, sans être poussé par des mobiles extérieurs à sa raison.
– Dans LES CAVES DU VATICAN, Gide fait commettre à l’un de ses personnages un acte gratuit. Lafcadio se rend à Rome par le train et se trouve seul, la nuit, dans son compartiment avec un « petit vieux », Amédée Fleurissoire.
« Qui le verrait, pensait Lafcadio? Là, tout prés de ma main, sous ma main, cette double fermeture que je peux faire jouer aisément […], un crime immotivé, quel embarras pour la police ! Ce n’est pas tant des événements que, j’ai curiosité que de moi-même. Si je puis compter jusqu’à 12, sans me presser, avant de voir dans la campagne quelque feu, l’homme est sauvé, je commence, une, deux, (… ) Dix, un feu ! »
Et Lafcadio pousse le vieux hors du train sur la voie. Celui-ci est tué.
En réalité Lafcadio, ne décide pas, il s’en remet au hasard. L’indifférence nous dit DESCARTES est « le plus bas degré de la liberté ». Etre libre, c’est avoir des raisons d’agir. M