Le Kali-Yuga
La fin des temps dans le philosophie orientale : le Kali Yuga
Kaliyuga (en écriture devanāgarī : कलियुग, « âge de Kali » ou « âge de fer »,
Le Vishnu Purana, (entre le IIIe et le IX siècle avant J.C) l’un des plus anciens textes sacrés de l’Inde, dit à propos du Kali Yuga : « Les chefs qui régneront sur la Terre seront violents et s’empareront des biens de leurs sujets … Ceux qui sont paysans ou commerçants devront abandonner leur métier et vivront comme des serviteurs. Les chefs, par les impôts, voleront et déposséderont leurs sujets et mettront fin à la propriété privée. Les valeurs morales et le règne de la loi s’affaibliront de jour en jour jusqu’à ce que le monde soit complètement perverti et l’incroyance l’emportera parmi les hommes. »
Le linga Purana (IIIe siècle) décrit ces hommes du Kali Yuga comme : « tourmentés par l’envie, irritables, sectaires, indifférents aux conséquences de leurs actes. Ils sont menacés par la maladie, la faim, la peur et de terribles calamités naturelles. Leurs désirs sont mal orientés, leur savoir utilisé à des fins maléfiques. Ils sont malhonnêtes. Beaucoup périront. La caste des nobles et celle des agriculteurs déclinent. C’est la classe ouvrière qui, durant l’Âge de Kali, prétend gouverner et partager avec les lettrés le savoir, les repas, les sièges et les lits. Les chefs d’Etat sont pour la plupart de basse origine. Ce sont des dictateurs et des tyrans. On tue les fœtus et les héros. Les ouvriers veulent jouer des rôles intellectuels, des intellectuels celui des ouvriers. Les voleurs deviennent des rois et les rois deviennent des voleurs. Les femmes vertueuses sont rares. La promiscuité se répand. La stabilité et l’équilibre des castes et des âges de la vie disparaissent partout. La terre ne produit presque rien dans certains lieux et beaucoup dans d’autres. Les puissants s’approprient le bien public et cessent de protéger le peuple. Des savants de basse origine sont honorés comme des brahmanes et livrent à des gens qui n’en sont pas dignes les secrets dangereux des sciences. Les maîtres s’avilissent en vendant le savoir. Beaucoup se réfugient dans une vie errante. Vers la fin du Yuga, le nombre des femmes augmente, celui des hommes diminue. Vers la fin du Yuga, les animaux deviennent violents, le nombre des vaches diminue. Les hommes de bien se retirent de la vie publique. De la nourriture déjà cuite est vendue sur la place publique. Les sacrements et la religion sont eux aussi à vendre. La pluie est erratique. Les commerçants malhonnêtes. Les gens qui mendient ou cherchent un emploi sont de plus en plus nombreux. Il n’y a personne qui n’emploie un langage grossier, personne qui tienne sa parole, personne qui ne soit envieux… Des gens sans moralité prêchent la vertu aux autres. La censure règne. Des associations criminelles se forment dans les villes et les pays. L’eau manquera ainsi que les fruits. Les hommes perdront le sens des valeurs. Ils auront des maux de ventre, porteront des cheveux en désordre. Vers la fin du Yuga, certaines gens naîtront dont l’espérance de vie ne sera que de seize ans. Les gens seront envieux des vêtements des autres. Les voleurs voleront les voleurs. Beaucoup deviendront léthargiques et inactifs, les maladies contagieuses, les rats et les serpents tourmenteront les hommes. Des hommes souffrant de la faim et de la peur se trouveront aux abords de la rivière Kaushiki (le Bengale).
Personne ne vivra plus la durée normale de la vie, qui est de cent ans. Les rites dépériront aux mains d’hommes sans vertus. Des gens pratiquant des rites dévoyés se répandront partout. Des gens non qualifiés étudieront les textes sacrés et en deviendront soi-disant des experts. Les hommes s’entre-tueront et tueront aussi les enfants, les femmes et les vaches. Les sages seront condamnés à mort. » –
« Toutefois, certains atteindront la perfection en très peu de temps ». (…)
Linga Purana, II chap 39, 42-45.