Husserl

HUSSERL XIX-XX°  Philosophe  Allemagne  :  Phénoménologie   

HUSSERL est un phénoménologue allemand, le professeur de HEIDEGGER, il a eu une grande influence sur SARTRE. (1859-1938).   

 « J’essaie de guider, non pas d’enseigner une doctrine, mais seulement de montrer, de décrire ce que je vois. » Husserl. 

 Tel est le projet des phénoménologues : décrire les choses telles qu’elles apparaissent au sujet (à l’homme) qui les contemple. 

Husserl  essaie de transmuer l’opacité de l’expérience naïve en une transparence. Le plan choisi est celui de la conscience. Il n’est pas question de chercher à coïncider avec un lieu panoramique (ou synoptique) comme Platon le fait dans l’Allégorie de la Caverne, par exemple au moment de la « dialectique contemplative », ni avec l’entendement divin, comme le fait Descartes, mais de suivre le mouvement de la conscience qui « vise » un objet, et de changer son regard sur le monde. C’est un exercice difficile, car il faut plonger son regard dans le monde et en même temps sur la source de ce regard pour essayer de dégager la conscience des objets qu’elle vise. Cette opération demande une certaine ascèse et de la volonté. Ce travail qui essaie de cerner au plus près, de « réduire » la conscience à son essence pure s’appelle « réduction eidétique » (eidos en Grec = essence).

   La conscience nous dit Husserl se caractérise par son intentionnalité. La conscience est toujours « conscience de quelque chose ». Elle est orientée vers un objet, elle est comme un flux, un « flux de conscience ». Elle vise différentes « régions » de l’être: des objets extérieurs, matière, végétaux, animaux, ou des objets intérieurs, l’esprit = « ontologie régionale », mais elle peut aussi viser les lois du fonctionnement de la pensée, la logique par exemple, = « ontologie formelle ».

Lorsque la conscience s’ouvre, se dirige vers le monde, le monde surgit pour elle. Elle le fait exister (ex-sistere : surgir hors de.). Le mouvement de la conscience vers l’objet investit cet objet d’un relief, d’une intensité d’une manière d’être qu’il n’avait pas avant d’être perçu. La conscience est donc une visée intentionnelle, une sorte d’acte qui donne l’apparaître et le sens des choses. Elle est donatrice d’être.

Husserl propose tout un vocabulaire particulier. Il appelle noèse l’acte de la conscience qui vise quelque chose : (l’adjectif correspondant est « noétique »). Il appelle noème l’objet visé, c’est-à-dire tel qu’il est perçu par la conscience : (l’adjectif est noématique.)

C’est selon Husserl la conscience qui constitue le noème (par exemple: l’arbre perçu), mais cependant l’arbre est en même temps extérieur à la sphère de la conscience = transcendant. En somme il y aurait deux arbres: l’arbre tel qu’il est perçu par la conscience = l’arbre/noème, et l’arbre tel qu’il est en soi, quand aucune conscience ne le perçoit. La noèse (acte de la conscience qui rend un objet présent) s’efface devant ce qu’elle donne à voir; (ses noèmes). Le défilé des noèmes  est sans fin (régionaux, formels et même « noétiques », puisque la conscience perçoit d’autres consciences   qu’elle!)

  La noèse concerne aussi le temps. La conscience se lance dans les trois directions du temps, ce sont les trois moments de intentionnalité: 1) quand la conscience colle au présent  (= « l’intention »),  2) l’attente du futur (« la protention »),  3) la retenue du passé, la mémoire (= « la rétention »). La synthèse de ces trois moments est le présent vivant.

  Comment alors cerner la noèse elle-même ? Comment la conscience peut-elle viser l’origine du faisceau lumineux de intentionnalité ? La conscience ne peut pas se recourber sur elle-même pour se viser elle-même. De même que l’œil ne peut pas se voir directement dans son acte de regarder. La conscience ne peut pas être un noème pour elle. Elle ne peut saisir son existence que par un exercice de « réduction eidétique » en se coupant des ses propres noèmes, en se séparant de ce qui n’est pas elle, dans un pur effort de volonté abstraite. (Cf. L’exercice que nous avons fait au début de l’année pour séparer le « je » du « moi » afin de donner un sens au précepte de Socrate « connais-toi ». Par le biais d’une « opération » imaginaire, nous avions compris que le « je » était du côté de la conscience). C’est à ce type de travail intérieur que nous convie Husserl au terme duquel la conscience se pose comme un centre de subjectivité inconnaissable, mais absolu. Il faut supposer à l’origine de tout ce processus de la conscience un invariant, une structure « monadique » (= une unité absolue de manifestation), une identité permanente (=qui se conserve à travers tous les changements) et qui sous-tend toute l’activité intentionnelle. Husserl nomme « je pur » ou « ego transcendantal » ce qui fonde l’activité de la conscience.                                                                                                                                          

Cette expérience risquerait de nous conduire à un solipsisme ( théorie qui affirme que le moi est unique et seul au monde.) Après tout, les autres m’apparaissent d’abord comme des objets noèmatiques. Mais, affirme Husserl ce n’est que lorsque la conscience a fait l’expérience de son « ego transcendantal » (= l ‘EGO de la réduction) qu’elle est en mesure de reconnaître l’Autre. Sa visée de l’autre est capable d’ouvrir une « brèche » jusqu’à son « je pur » (= sa conscience) Elle peut, « à travers l’épaisseur mondaine du monde » saisir derrière le noème (= la manière dont l’autre lui apparaît) un autre EGO transcendantal « constituant » lui aussi le monde et aussi absolu que le sien. Une relation d’intersubjectivité s’établit. La communication des consciences est non seulement possible, mais transformée : je ne vois plus l’autre  comme altérité pure, étranger incompréhensible , mais comme semblable, du fait de l’analogie entre son « ego pur » et le mien, (= similitude des consciences).

(Husserl par ailleurs s’intéresse particulièrement à la logique, mais ce n’est pas notre propos ici.)   

1. La conscience est d’abord « conscience de »

2. Puis  « ego transcendantal » c’est à dire « conscience pure » si elle parvient à se couper des objets de sa visée.  Husserl  essaie de transmuer l’opacité de l’expérience naïve en une transparence. Le plan choisi est celui de la conscience. Il n’est pas question de chercher à coïncider avec un lieu panoramique (ou synoptique) comme Platon le fait dans l’Allégorie de la Caverne, par exemple au moment de la « dialectique contemplative », ni avec l’entendement divin, comme le fait Descartes, mais de suivre le mouvement de la conscience qui « vise » un objet, et de changer son regard sur le monde.

1. « Conscience de »   

La conscience nous dit Husserl se caractérise par son intentionnalité. La conscience est toujours « conscience de quelque chose« . Elle est orientée vers un objet, elle est comme un flux, un « flux de conscience ». Elle vise différentes « régions » de l’être: des objets extérieurs, matière, végétaux, animaux ou des objets intérieurs, l’esprit = « ontologie régionale », mais elle peut aussi viser les lois du fonctionnement de la pensée, la logique par exemple, = « ontologie formelle ».

Lorsque la conscience s’ouvre, se dirige vers le monde, le monde surgit pour elle. Elle le fait exister (= ex-sistere : surgir hors de.). Le mouvement de la conscience vers l’objet investit cet objet d’un relief, d’une intensité d’une manière d’être qu’il n’avait pas avant d’être perçu. La conscience est donc une visée intentionnelle, une sorte d’acte qui donne l’apparaître et le sens des choses. Elle est donatrice d’être.

Husserl propose un vocabulaire particulier. 

– Il appelle noèse l’acte de la conscience qui vise quelque chose : (l’adjectif correspondant est « noétique »). 

– Il appelle noème l’objet visé, c’est-à-dire tel qu’il est perçu par la conscience :  (l’adjectif est noématique.)

C’est selon Husserl la conscience qui constitue le noème (par exemple: l’arbre perçu), mais cependant l’arbre est en même temps extérieur à la sphère de la conscience = transcendant. En somme il y aurait deux arbres : l’arbre tel qu’il est perçu par la conscience = l’arbre/noème, et l’arbre tel qu’il est en soi, quand aucune conscience ne le perçoit. La noèse (acte de la conscience qui rend un objet présent) s’efface devant ce qu’elle donne à voir; (ses noèmes). Le défilé des noèmes est sans fin (régionaux, formels et même « noétiques ».

  La noèse concerne aussi le temps. La conscience se lance dans les trois directions du temps, ce sont les trois moments de intentionnalité: 1) quand la conscience colle au présent  (= « l’intention« ),  2) l’attente du futur (= « la protention« ),  3) la retenue du passé, la mémoire (= « la rétention« ). La synthèse de ces trois moments est le présent vivant.

2. Conscience pure.

  Comment alors cerner la noèse elle-même ? Comment la conscience peut-elle viser l’origine du faisceau lumineux sa propre intentionnalité ? La conscience ne peut pas se recourber sur elle-même pour se viser elle-même. De même que l’œil ne peut pas se voir directement dans son acte de regarder. La conscience ne peut pas être un noème pour elle. C’est un exercice difficile, car il faut plonger son regard dans le monde et en même temps sur la source de ce regard pour essayer de dégager, de couper la conscience des objets qu’elle vise. Cette opération demande une certaine ascèse et de la volonté. Ce travail qui essaie de cerner au plus près, de « réduire » la conscience à son essence pure s’appelle « réduction eidétique » (eidos en Grec = essence).

Cet exercice de « réduction eidétique » dans lequel la conscience, se coupe des ses propres noèmes et se sépare de ce qui n’est pas elle, dans un pur effort de volonté abstraite, aboutit à la découverte qu’elle est un centre de subjectivité inconnaissable, mais absolu : le je pur ou « ego transcendantal ».  (Cf. L’exercice que nous avons fait au début de l’année pour séparer le « je » du « moi » afin de donner un sens au précepte de Socrate « connais-toi ». Par le biais d’une « opération » imaginaire, nous avions compris que le « je » était du côté de la conscience). C’est à ce type de travail intérieur que nous convie Husserl. 

 Il faut supposer à l’origine de tout ce processus de la conscience un invariant, un « Je pur« , une structure « monadique » (= une unité absolue de manifestation), une identité permanente (= qui se conserve à travers tous les changements) et qui sous-tend toute l’activité intentionnelle de la conscience. 

Cette expérience risquerait de nous conduire à un solipsisme ( théorie qui affirme que le moi est unique et seul au monde.) Après tout, les autres m’apparaissent d’abord comme des objets noèmatiques. Mais, affirme Husserl ce n’est que lorsque la conscience a fait l’expérience de son « ego transcendantal » (= l’ego de la réduction) qu’elle est en mesure de reconnaître l’Autre. Sa visée de l’autre est capable d‘ouvrir une « brèche » jusqu’à son « je pur » (= sa conscience) Elle peut, « à travers l’épaisseur mondaine du monde » saisir derrière le noème (= la manière dont l’autre lui apparaît) un autre EGO transcendantal « constituant » lui aussi le monde et aussi absolu que le sien. Une relation d’intersubjectivité s’établit. La communication des consciences est non seulement possible, mais transformée : je ne vois plus l’autre  comme altérité pure, étranger incompréhensible, mais comme mon semblable, du fait de l’analogie entre son « ego pur » et le mien, (= similitude des consciences).

  (Husserl par ailleurs s’intéresse particulièrement à la logique, mais ce n’est pas notre propos ici.)