Bouddha

BouddhaVI°-V° siècle av J-C Inde 

Sa philosophie et les religions bouddhistes diffèrent…

La philosophie bouddhiste propose une conception très originale du bonheur :  le nirvana.

A partir d’une analyse très fine de la douleur, des différents types de souffrance, il apparaît que les racines du « mal » sont l’ignorance de ce qu’est le monde qui nous entoure et les désirs en général, sous-tendus par le désir fondamental d’exister

Nous ne savons pas que notre esprit est constamment voilé par les illusions, en particulier l’illusion de la consistance des êtres et des choses. En effet, rien n’existe « en soi », tout est éphémère, impermanent. Notre « moi » qui est lui-même une construction illusoire, désire d’autres êtres, des objets ou même des états, (eux-mêmes tout aussi illusoires) pour obtenir le plaisir. Ce plaisir, quand il est obtenu, est à son tour éphémère, et illusoire, condamné à disparaître, et donc à engendrer à son tour une autre souffrance, et ainsi de suite. La solution consiste à se guérir, par la méditation silencieuse, de la « soif d’exister« , et à chercher refuge dans un « lâcher-prise« , c’est-à-dire l’extinction du désir et de l’ego, tout en restant plein de compassion pour tous ceux qui souffrent. C’est à cette seule condition que l’on peut se libérer de la douleur et connaître cet état de « Nirvana« ,  luminosité pure, bonheur absolu, qui n’est pas le néant, mais dont on ne peut rien dire qui soit compréhensible pour ceux qui sont encore dans l’illusion (c’est-à-dire nous tous !). Il faut en faire l’expérience, mais elle n’est pas communicable par le langage parce que elle est au-delà des catégories habituelles de la pensée et du langage.

. La philosophie bouddhiste.

C’est nécessairement dans le silence le plus total, à travers ce que les Bouddhistes appellent la MEDITATION , que la conscience individuelle fait l’expérience d’une réalité ultime, au-delà d’elle-même,  « luminosité pure »,  sorte de conscience universelle. Il faut distinguer deux sortes de consciences : 

a) La conscience individualisée de l’homme celle de l’EGO (du Moi-Je) qui est éphémère, illusoire comme l’existence d’une vague sur l’océan.

b) et la conscience impersonnelle, « océanique » , universelle, « pure luminosité » .

Le bonheur et la liberté consistent à dépasser la conscience individuelle pour se fondre dans la conscience océanique, c’est-à-dire, à atteindre le « Nirvana ».

Plan

1. La légende du Bouddha. 2. Résumé de la pensée bouddhique

1. La légende du Bouddha.

Bouddha serait né vers 558 avant J.C. et mort vers 478 avant J.C.

Fils d’un roi et d’une reine, il aurait été élevé dans un palais dont toute souffrance aurait été éradiquée sur l’ordre de son père. Donc il fut un jeune prince ne connaissant que la richesse, le luxe, la musique, les danseuses, la jeunesse, la santé, choyé par ses parents. Il s’est marié et a eu un fils. Mais un jour, transgressant l’ordre de son père qui lui avait interdit de sortir des enceintes de son palais,  il eut envie de découvrir le monde extérieur. Il rencontra d’abord un vieillard, puis un malade et enfin un mort. Bouleversé par le spectacle de la souffrance, dégoûté de son luxe illusoire, il prit la décision, vers l’âge de 25 ans, de fuir définitivement le palais de sa jeunesse et de suivre un ascète. Sa principale question : comment échapper à la vieillesse, la maladie, la mort et la souffrance en général ?  Vivant dans le dépouillement total pendant plusieurs années, il ne trouva aucune réponse à sa question. Il renonça à cette vie extrême, chercha un juste milieu entre misère et luxe. Et un jour, pendant une méditation solitaire au pied d’un arbre, il reçut, sous la forme d’une « illumination », les réponses à ses questions. Bouddha signifie « illuminé »

2. Résumé de la pensée bouddhique. Tandis que la philosophie occidentale s’oriente au fil des siècles, de plus en plus, vers une spéculation intellectuelle, détachée du réel et une action centrée exclusivement sur le réel (possession, argent, sexe) et contre le réel (violence, destruction, mort …) la philosophie bouddhiste au contraire, a pour objet de conduire l’homme à son propre BONHEUR et de le  transformer en le rendant MEILLEUR. La réalisation de ce projet implique toute une analyse de l’être humain, de ses tendances, de ses désirs, de ses facultés, de sa complexité psychologique, en bref ce que l’on pourrait appeler une « métapsychologie », qui pourrait bien être au moins aussi intéressante que celle que  Freud nous donne plus de 25 siècles plus tard. Elle en cependant très différente. Nous allons rencontrer, à travers cette pensée, de grands thèmes de votre programme du Bac,  abordés, d’une manière très différente de la nôtre et peut-être plus sage, en tout cas vus d’une autre perspective. Parmi ces thèmes, l’homme, la conscience, autrui, le langage, l’imagination, le désir, les passions, la vie et la mort, l’histoire, l’univers …Bouddha n’est pas un dieu. C’est un homme comme nous, qui affirme avoir trouvé une solution au problème de la souffrance qui assaille tout homme. Bouddha  nous propose, non pas de croire ce qu’il dit, mais d’expérimenter sa méthode. Les Occidentaux, les Chrétiens surtout, ont donné du bouddhisme une idée très  inexacte. Ils voyaient en lui un mélange confus de nihilisme et d’inaction, à l’opposé de leur propre conception. En réalité si la pensée occidentale judéo-chrétienne et la pensée bouddhiste diffèrent sur de nombreux plans, en revanche, les paroles du Bouddha et celles du Christ se ressemblent sur quelques points…Il existe plus de dix-huit écoles différentes de bouddhisme. Le thème du non-soi est le même mais il est envisagé sous plusieurs points de vue. (Ce qu’il dit d’ailleurs n’est pas toujours très clair. Il se méfie avant tout des mots, car il sait que chacun y projette ses propres représentations, il se méfie en particulier du mot « DIEU ». Ce mot-là condense la plus grande intensité et la plus grande obscurité humaines : les hommes y mettent n’importe quelle projection. Autant l’éviter pour qu’il n’y ait pas de malentendus.

Il ne dit pas que Dieu existe ou n’existe pas, à cette question, il ne répond pas.)